AVANT/ APRÈS

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Un film de  Manoël Dupont  

Produit par Les Films de la Récré

Drame, Comédie / 79 min / Belgique / 2025

Langue : français, anglais, turc

Sous-titres : anglais, français

Avec

Baptiste Leclere, Jérémy Lamblot

Presskit

Sélections officielles

Festival international du film de Karlovy Vary – Proxima, Mention spéciale & Prix FIPRESCI – Première mondiale (République tchèque)
Festival international du film de Thessalonique – Silver Alexander : Prix du meilleur réalisateur (compétition Film Forward) & Mention spéciale Film Forward (Grèce)
Premiers Plans d’Angers (France)
Festival Internacional de Cine de Santiago – SANFIC (Chili)
Festival international du film de Stockholm (Suède)
Belfast Film Festival (Irlande du Nord)
Festival du cinéma européen de Séville (Séville)
Chéries Chéris (France)
Pink Screens (Belgique)
Mix Brazil (Brésil)
Cineteca Milano – Mix Milano International Festival of LGBTQ+ Cinema and Queer Culture (Italie)
30e Festival des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais (France)
Festival international du film de Pune (Inde)
30e Festival des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais (France)
Pink Screens (Belgique)

Synopsis

Jérémy rencontre Baptiste. Tous deux trentenaires, leur calvitie commune les conduit à Istanbul, où des cliniques prétendent inverser le cours du temps. Au milieu des vents changeants et d’une agitation silencieuse, ils cherchent un sens à leur vie dans une ville qui n’est pas la leur. Jour après jour, un lien fragile se noue, dans l’espoir d’un changement.

Note d’intention du réalisateur

« Au cœur de Avant / Après une question ne cessait de me hanter : cette relation est-elle importante ?
Cette question a tout façonné. La manière dont je regardais les personnages, leur lien, oscillant sans cesse entre proximité et distance. Je voulais que cette incertitude reste intacte tout au long du film, pour eux comme pour le public.

J’ai porté cette relation longtemps en moi avant de trouver le bon cadre. Je savais ce que je voulais sur le plan émotionnel, mais il me manquait le contexte. Puis deux amis de longue date, Baptiste et Jérémy, m’ont annoncé qu’ils prévoyaient de faire une greffe de cheveux. Ils en parlaient comme d’un secret. C’était fragile, drôle et un peu triste. Cela m’a frappé immédiatement. C’était le cadre que je cherchais. Une histoire de corps en transformation, de personnes qui tentent de changer, et de l’ambiguïté que recouvre ce changement. Ils ont accepté à condition que nous tournions rapidement. Le temps pressait ; les cheveux continuaient de tomber. C’était l’urgence dont j’avais besoin.

Ce qui me fascinait dans la greffe, c’était sa simplicité. On n’ajoute pas de cheveux, on les déplace d’un endroit à un autre. C’est un déplacement, pas une addition. Et pourtant, cela change tout. Ce léger déplacement, presque invisible, me paraissait si profond. Comme les déplacements émotionnels entre les deux hommes. Comme le voyage. Comme l’amour. Nous espérons toujours une transformation, même dans les plus petits gestes. Mais qu’est-ce qui marque le changement ? À quel moment peut-on dire que quelque chose a réellement eu lieu ?

Le titre Avant/Après vient de ces publicités cliniques que nous avons tous vues. Des binarités, des transformations nettes. J’aimais l’idée de confronter cette opposition pour mieux la questionner. Le film habite l’entre-deux. J’avais 27 ans pendant le tournage ; les acteurs approchaient la trentaine. Cet âge apporte une forme étrange de suspension. On a déjà une version de soi, mais on croit encore pouvoir la réinventer. Cette tension, entre différentes versions de soi, entre passé et futur, comptait pour moi autant que la greffe elle-même.

Nous avons construit le film sans scénario traditionnel. Il s’est improvisé autour d’intentions claires. Nous avons exploré le passé commun des personnages, puis laissé le reste se guider par les interactions réelles. La plupart des personnes apparaissant dans le film étaient des habitants rencontrés pendant le tournage. Nous leur avons simplement demandé d’être eux-mêmes. Certains ont joué le jeu. D’autres sont devenus autre chose. Mais quelque chose d’honnête émergeait toujours. La frontière entre fiction et documentaire m’intéressait peu. C’est plus excitant quand l’un nourrit l’autre. L’improvisation nous rendait attentifs. Elle nous plaçait tous sur un pied d’égalité. Nous avons beaucoup tourné. Très peu d’images ont été conservées au montage. Cette tension, entre ce qui compte et ce qui est anecdotique, était toujours présente.

Nous avons tourné à Istanbul pendant les élections de 2023. Je ne l’avais pas anticipé, mais cela s’est vite imposé comme une composante du film. La ville était chargée d’une énergie particulière. Impossible de l’ignorer. Je ne voulais pas faire du film un commentaire sur la politique turque, mais je ne voulais pas non plus faire comme si nous n’étions pas là, à ce moment précis. Cela est devenu une texture. Les personnages sont des touristes, de passage. Des observateurs. Comme nous. Avec mon directeur de la photographie, Thibaut, nous avons choisi de filmer comme des touristes nous aussi. Petite équipe, dispositif léger. Nous voulions nous fondre dans le décor. La fiction devait sembler réelle, et le réel devait flirter avec la fiction. Dans un monde saturé d’images, nous avons constaté que c’était le son qui attirait l’attention. Une caméra passait inaperçue, mais une perche perturbait immédiatement la scène.

Avant/Après est un film de fragments. Construit au montage avec Romain Waterlot, à partir de près de quarante semaines de matière. Un film qui vit dans ses ellipses, dans ce qui manque. Nous espérions créer quelque chose de doux mais précis. Délicat, sans cynisme. Il aurait facilement pu devenir ironique ou cruel. Mais je ne le voulais pas. Je ne voulais pas juger. Baptiste et Jérémy forment un très beau duo. Drôle, oui, mais l’humour devait venir naturellement. Jamais forcé. Les moments que j’aimais le plus étaient ceux qui restaient neutres, ou silencieux, ou irrésolus. Des moments qui ressemblaient à la vie.

Au fond, je ne cherche pas à délivrer un message. J’espère plutôt laisser au spectateur une trace, quelque chose de fragile, déjà passé, mais encore présent.
Quelque chose qui grandit lentement. »

BANDE ANNONCE

SCREENER

Date

27 February 2026

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